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blog littéraire

  • Des vérités cachées, d'Ann Cleeves

    Plus qu’un roman policier, un véritable bon polar. Nouvelle venue dans le cercle - de plus en plus large - des grandes dames du thriller, Ann Cleeves fait une entrée fracassante dans les librairies françaises.

    ‘Des vérités cachées’ a le bonheur de réunir l’efficacité des romans américains tout en gardant une touche très britannique, juste comme il faut. L’Angleterre évoquée n’est pas celle - désuète - d’Agatha Christie, remplie de gentlemen et autres ladies au flegme constant. L’univers abordé ici est celui d’un Ken Loach, terriblement réaliste sans pour autant être sordide. Les analogies avec le cinéma sont nombreuses : l’écriture est visuelle, les protagonistes de vrais (anti-)héros dont on imagine aisément une incarnation à l’écran. Si les suspects sont rapidement identifiés, il faut attendre les toutes dernières pages pour découvrir le meurtrier. Pas facile de tenir une intrigue et une telle confusion aussi longtemps : Ann Cleeves s’en sort très bien ! Tortueux et déroutant, ‘Des vérités cachées’ est un livre efficace qui a le grand mérite de ne pas s’engluer dans les pièges classiques de l’écriture policière. Petit bémol : les premiers chapitres, un peu rébarbatifs, peuvent empêcher de prendre plaisir à découvrir un livre qui prend toute sa mesure au fil des pages.

     

    Des vérités cachées d'Ann Cleeves, 

    Editeur : Belfond
    Publication :22/5/2008

  • Avis sur : Le petit roman du mariage Roman, de Michèle Kahn

    Présentation du livre

    Au moment de se marier, on se pose souvent mille questions : comment faire sa demande ? quelle robe choisir ? comment formuler les faire-part de mariage ? quel wedding planner à Montpellier choisir ? j'en passe et bien d'autres...

    Sur un ton drôle et chaleureux, Michèle Kahn nous entraîne sur les traces du passé et du présent en répondant à nos questions sur le mariage. Chaque "incontournable" du mariage est passé en revue au cours des 14 chapitres composant ce "Petit roman du mariage".

    Notre avis

     Il existe désormais pléthore de livres sur le mariage. Celui-ci se démarque des autres tant par son ton chaleureux et plein d'émotions, qui nous fait vibreux avec tous ces amoureux du passé et du présent que par son format (de poche) et sa couverture élégante et toute féminine. Un roman que l'on dévore à toute vitesse, un cadeau original à faire à des futurs mariés ou un cadeau à s'offrir pour tout connaître sur le mariage, trouver des idées et se distraire.

     

    Présentation de l'auteur

     Michèle Kahn est journaliste et collaboratrice à l'Arche. Ses livres les plus connus parmi la quinzaine de publiés sont Shangaï la Juive et Cacao. Auteur en littérature jeunesse, elle est également co-fondatrice de plusieurs prix littéraires et participe à de nombreux jurys littéraires.

     

     

    Le petit roman du mariage

    Roman de Michèle Kahn, édition  Rocher 7 Mai 2010 
  • note sur le livre Mon siècle de Günter Grass

    Tableau impressionniste de l'Allemagne du 20ème siècle. Chaque année, un orateur, souvent différent, raconte à sa manière une courte histoire, caractéristique des préoccupations du lieu et du temps. Toutes ces contes n'ont pas le même poids, mais Grass sait souvent toucher, même s'il évite toujours de se complaire dans le drame. Et l'Allemagne en a connus ! Un regret : il manque à tout cela une ligne, une synthèse. L'effet pointilliste, superficiel lasse un peu.

    Le style est vis, détaché souvent, plein d'humour et d'élégance. Le livre est facile et attachant, pour peu que l'on s'intéresse à ce pays.

    Mon siècle de Günter Grass  Editions du Seuil (1999)

  • avis sur le roman : Soudain dans la forêt profonde, d'Amos Oz

    Longtemps, on nous a rabâché que la curiosité était un vilain défaut, qu’il était souvent préférable de rester dans l’ignorance que de découvrir la vérité. Mais quand on est petit, que la vie s’offre à nous, les paroles des adultes nous semblent parfois bien futiles...


    Dans le dernier roman d’Amos Oz, ‘Soudain dans la forêt profonde’, deux jeunes enfants ont décidé de braver les interdits fixés par leurs parents. En effet, pourquoi personne n’ose s’aventurer dans ce village maudit ? Pourquoi tous les animaux ont subitement disparu ? Pourquoi Néhi, le démon de la montagne, descend chaque soir effrayer les habitants ? Toutes ces interrogations hantent Matti et Maya qui ont décidé de prendre leur courage à deux mains et de pénétrer dans cette forêt “profonde”... Ce qu’ils vont y découvrir valait-il tous ces mystères, toutes ces questions restées en suspens ?
    Derrière ce conte se cachent des messages essentiels bien plus matures. En effet, les cachotteries, les messes basses amplifiées au fil du temps, les non-dit ne sont-ils pas plus dévastateurs que la vérité ? De même que les différences physiques ou psychologiques propres à chacun ne doivent pas être mises de côté ou ignorées sous prétexte qu’elles font peur ou tout simplement qu’elles ne rentrent pas dans la norme. Mais qu’est ce que la norme et ou se situe-t-elle ?
    Peut-être était-ce plus facile pour Amos Oz d’évoquer ces thématiques sous la forme d’un conte enfantin ou est-ce en observant ses petits-enfants évoluer que la vérité est apparue d’elle même, difficile à dire... Quoi qu’il en soit, ce magnifique récit est en lui-même un message de tolérance et de respect vis-à-vis de la nature et des personnes qui nous entourent. Ca fait du bien et on en redemande.

    Soudain dans la forêt profonde,  d'Amos Oz,  Editeur : Gallimard,  Publication :7/9/2006

  • Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay

    sarah.JPG‘Elle s'appelait Sarah’ fait partie de ces romans utiles, qui se font un devoir de perpétuer la mémoire. D'ailleurs Tatiana de Rosnay l'a même inscrit sur la couverture 'Pour ne pas l'oublier’ tout simplement. Car la petite Sarah est une de ces enfants, qui en juillet 1942, ont été déportés lors de la rafle du Vélodrome d'hiver. Il ne fait rapidement aucun doute pour le lecteur que cette petite fille fictive n'est que le reflet de tous les enfants enfermés ce jour-là. Avec une justesse poignante, Tatiana de Rosnay décrit les conditions d’enfermement, les sentiments confus d’une enfant que la vie confronte trop jeune à la violence des adultes. Il est difficile de ne pas se passionner pour la quête de Sarah tant l’écriture de l’auteur suinte une farouche volonté de vivre.


    Parallèlement au calvaire de cette enfant, on découvre la vie de Julia Jarmond, journaliste américaine à Paris qui, pour les besoins d'un article, doit se renseigner sur ce funeste 16 juillet 1942. Elle découvre alors l’amnésie qui frappe la plupart des Français qu’elle rencontre. Cette héroïne moderne doit dans un même temps surmonter les embûches de sa propre vie personnelle et semble se nourrir du courage de Sarah pour y parvenir.


    Bien plus qu’un simple roman, ‘Elle s’appelait Sarah’ remet les pendules à l’heure et semble tirer une sonnette d’alarme : non, il ne faut ni minimiser, ni oublier un tel acte.


    Avec ce livre, Tatiana de Rosnay émeut, enseigne et surtout rend un hommage poignant à ces familles décimées du jour au lendemain. Un livre à faire lire aux plus jeunes pour qu'ils puissent à leur tour savoir ce qui s'est passé et surtout, ne pas oublier.

  • La Plaine de Caïn de Spôjmaï Zariâb

    la plaine.JPGEnsemble de nouvelles plutôt sombres, parfois cauchemardesques et toujours poétiques. Certaines marquent évidemment plus que d'autres, parce qu'elles sont plus tristes ou plus mystérieuses. J'ai d'ailleurs parfois eu l'impression de ne pas avoir les références culturelles nécessaires pour profiter pleinement de chaque récit. C'est une oeuvre qui gagnerait à être (re)lue avec beaucoup d'attention, voire à être étudiée.

    J'ai peut-être une préférence pour la première partie 'La Femme et la vie'. Elle contient des histoires assez étonnantes et troublantes, alors que la seconde 'La Femme et la mort' est beaucoup plus pénible et choquante à lire, sûrement parce qu'elle est plus réaliste.

  • Biographie : Le grand quoi, de Dave Eggers

    Neuf ans après sa publication, je l'ai enfin lu. Je voulais le lire depuis que j'ai aimé Zeitoun il y a quelques années.

    Ma femme a écouté le livre audio pendant un long trajet et l'a considéré comme une œuvre de génie bouleversante et bouleversante. Elle s'est également proclamée fan d'Eggers après ne pas l'avoir été dans ses mémoires.

    Je n'ai pas écouté Le grand quoi, de Dave Eggers pendant si longtemps, en partie grâce aux critiques qui l'ont qualifié d'ennuyeux, d'illisible, de désordre, de manque de structure et de caractérisation, et ainsi de suite, ce que je peux maintenant officiellement considérer comme une sorte de folie - plus probablement le résultat de Eggersfraude qu'autre chose.

    Tout au plus, la deuxième moitié est peut-être 100 pages de trop, elle aurait pu être accélérée par endroits, mais dans l'ensemble, elle m'a paru être un roman quasi autobiographique captivant, structuré de manière conventionnelle en sections alternées de front-story et de back story qui s'unissent plus ou moins à la fin, le narrateur s'adressant directement à divers personnages de front-story lorsqu'il raconte son histoire. Valentino est un peu comme le Job soudanais, affligé à chaque instant par le pire, des Arabes en maraude aux hélicoptères qui mitraillent son village, des crocodiles à la famine, de la dysenterie aux lions aux accidents mortels aux cambrioleurs, des ex-petits amis jaloux et dérangés aux terroristes, et ainsi de suite. (Il a aussi beaucoup de chance.) Les personnages bien caractérisés abondent.

    En général, c'est une histoire engageante et émouvante de persévérance qui vous rend omni-présent sur votre privilège d'avoir un compte de lecture sur lequel vous pouvez corriger les erreurs des critiques d'autrefois. (moins)

  • Avis sur La planète des singes - William T. Quick

    Auteur : William T. Quick
    Titre : La planète des singes
    Editeur : J'ai lu
    Année : 2001


    Cette novellisation du film de Tim Burton (août 2001) adapté du célèbre roman de Pierre Boulle (1963, repris en Pocket, 1989) se démarque de manière radicale de l'original. Ici, Leo Davidson a la mauvaise idée en 2029 de plonger à la poursuite de son singe expérimental fétiche dans une tempête électromagnétique. Ni une ni deux, malgré les appels de son vaisseau l'Obéron, le spationaute se retrouve sur le sol d'une planète où des singes doués de paroles pourchassent comme des bêtes sauvages des humains primitifs

    Le renversement des rôles civilisés/barbares se rencontrait déjà, porté à son acmé philosophique dans le roman de Boulle où trois hommes atteignaient une lointaine étoile, qu'ils découvraient peuplée de singes tandis que les hommes sous-évolués ne parlaient plus. S'ensuivait un patient travail de démonstration de l'humanité qu'on ne retrouve plus dans les dernières versions de ce récit d'anticipation. Fantastique, le roman de Boulle l'était surtout à partir de cette question du langage. Transposant ce chef d'œuvre SF à l'écran, le film mythique de Franklin J.Shaffner (1968) mettait également l'accent sur cette question dont on déplore qu'elle soit absente de la novellisation de T. Quick, qui préfère jouer la carte de l'humour et des métaphores décalées, tout comme Burton en rajoute dans l'esthétisation des scènes d'action.

    Ce qu'on gagne d'un côté, on le perd de l'autre : disparus, les enjeux universels, la parabole sur les dangers de la science. Seule demeure la menace du retour au regroupement clanique et totémique. Il est vrai qu'entre temps on ne parle plus du même lieu : c'est sur la Terre que se jouait le destin de l'humanité chez Boulle/Shaffner, c'est sur une autre planète que Davidson organise la rébellion humaine chez Burton/Quick. A l'inversion première livre/cinéma correspond une nouvelle inversion : cinéma/livre dont la spécificité de la langue fait donc les frais ; mais on y gagne il est vrai un paradoxe temporel qui n'est pas sans rappeler la duplicité de maître Boulle "himself". Pour ceux que tant de considérations comparatives sur les singes chagrinent, les éditions Montparnasse vidéo font paraître l'admirable et non moins philosophique DVD King Kong (version 1933 de Ernest B. Schoedsack). Alors, planète des singes ou planète des songes ?