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Qui est Robert charles wilson, un des maitres de la science fiction ?

Avec sa science-fiction à échelle humaine , l'américain Robert Charles Wilson fait figure de maître étalon dans la catégorie des auteurs capable de donner un aura de respectabilité au genre si souvent décrié. Alors, Robert Charles Wilson dont l'actualité est fructueuse ce mois, est-il l'auteur qui pourrait ramener les lecteurs les plus retors à la SF ? Certainement, il a, en tout cas, tous les atouts pour se faire.


Argument n° 1 : Son style est posé et ses arguments logiques


Aujourd'hui, refuser de lire de la science-fiction sous prétexte qu'elle n'est pas assez littéraire n'est plus un argument valide. De nombreux auteurs non-SF sont en effet attirés par le genre et de non moins nombreux auteurs de SF sont désormais rangés dans les rayons de littérature générale. Avec son style posé, son don de conteur incontestable, son goût pour les explications rationnelles et la logique de ses scénarios, Wilson est, à ce titre, exemplaire, on le placera donc facilement aux côtés des J. G. Ballard, Christopher Priest ou William Gibson.


Argument n° 2 : Ses histoires sont crédibles

Soyons clair, aujourd'hui tout le monde fait de la science-fiction (ou du fantastique). De Chuck Palahniuk (Peste ) à Brett Easton Ellis (Lunar Park), en passant par Douglas Coupland (Girlfriend dans le coma),  Neil Smith (Boo) , Michel Houellebecq (La possibilité d'une île), William T. Quick (La planète des singes ) ou Mathieu Terence (Technosmose), et j'en oublie, tous auteurs de littérature dite « blanche », ils ont approché de près ou de loin le genre science-fiction.
La seule différence qui les éloigne de leur collègue écrivains de SF revendiqués, est l'image « respectable » dont ces auteurs bénéficient. Une image certainement due davantage à l'aura qui entoure les éditeurs chez qui ils paraissent qu'au fond de leurs récits. L'argument est fallacieux et ne tient pas plus la route que celui concernant le style, puisque la plupart de ses éditeurs ont, eux aussi, une, ou plusieurs, collection SF.

Encore une fois, R. C. Wilson, publié chez les honorables éditions Denoël, a tout pour plaire aux lecteurs de littérature générale. Ces histoires humanistes explorent abondamment la psychologie, les rapports humains, l'impact de tels ou tels évènements sur la société. Sans oublier ses observations, son goût pour les descriptions, l'environnement, la géopolitique. Ses personnages ne sont pas en deux dimensions ; mais au contraire, souvent lestés d'un lourd background auquel le lecteur peut facilement s'identifier. Pas de bêbêtes tentaculaires ici, pas de gadgets faciles et gratuits. Le monde (ou plutôt « les mondes ») de Wilson, sont crédibles.

Argument n° 3 : Ses théories scientifiques sont toujours expliquées.

En abordant la SF, le lecteur de littérature générale doit plonger dans un univers souvent mal connu des littéraires : celui des sciences. Là encore, Wilson bénéficie d'un atout de taille, il accompagne son lecteur. A la différence d'auteur comme William Gibson, ou des écrivains de hard-science, qui plongent souvent brutalement le lecteur dans un monde inconnu, Wilson explique, raisonne, revient en arrière. Il rationalise : « vous avez lu cela au chapitre précédent, ce n'est que le résultat de tel ou tel évènement passé ». Avec Wilson, même les évènements les plus incongrus (apparitions de monuments géants dans les grandes villes du monde - Les Chronolithes -, disparition des étoiles - Spin -, mutation de tout un continent - Darwinia) deviennent plausible et surtout sont basés sur des notions et des théories scientifiques viables.

Argument n° 4 : Ses livres abordent des questions de société.

Enfin les récits de R. C. Wilson peuvent tous être lus comme des métaphores. Ange mémoire par exemple, le très beau roman inédit qui vient de paraître en poche chez Folio, peut-être lu comme la quête de deux post-humains dans un monde futuriste, mais peut aussi être abordé comme le récit autobiographique d'une jeunesse en rupture de ban, aidée en cela par l'évolution des mœurs et la drogue dans les années 60. C'est cette double lecture consciente qui fait toute la richesse de l'œuvre de l'américain.

Dans un monde idéal, la profondeur, le soucis du détail, l'aspect global, l'humanité et la mélancolie qui se dégage de tous les romans de cet excellent écrivain, devrait, plus encore que Gibson ou Ballard, amener les lecteurs les plus exigeants à ce pencher sur la science-fiction. Faites moi ce plaisir...

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