blog littéraire - Page 6
-
Nous allons découvrir l'Alaska, ce pays si froid, si enneigé, cette contrée comparable à un désert de glace et nous allons également faire la connaissance de Mabel et Jack, ce couple qui a décidé de recommencer sa vie. Ce couple en souffrance suite à la mort d'un nouveau né, suite à l'affreuse douleur de ne pas pouvoir être parent, a décidé de tout quitter pour tout recommencer.
Les débuts furent assez compliqués, seuls au milieu de nul part, dans une ferme ou ils doivent tout gérer : soit ils arrivent à faire fructifier cette ferme et ils mangent soit ils s'enfoncent et meurent tout simplement.Dans un moment de folie dépressive les deux adultes ont décidé de faire un bonhomme de neige, simplement pour le plaisir de lâcher prise et de souffler un peu, d'oublier la vie. Dès le lendemain matin, les gants et l'écharpe auront disparu et à partir de ce jour là une petite fille des neiges viendra enjoliver leur quotidien.Cette fille, que seuls eux voient, fera des aller retour entre la ferme ou elle viendra silencieusement prendre un repas et cet endroit ou elle s'enfuit..Très vite le couple se pose des questions sur cette enfant qui se fait appeler Faïna et très vite ce roman prendra un tournant magique.Eowyn Ivey signe ici un conte nordique absolument fabuleux. Alors ne vous attendez pas avec ce roman à être mis en apesanteur, en haleine ou en fusion, ne vous attendez pas à de l'action non plus car vous n'en trouverez pas...La seule chose que ce roman vous apportera est la magie de l'écriture, la beauté d'une histoire qui m'a émue et des personnages très très attachants.J'ai eu énormément d'amour pour Jack et Mabel qui resteront dans mon esprit pendant longtemps, ils représentent pour moi des gens qui me tiennent à coeur, ils font maintenant partie de ma vie...Eowyn a réussi à donner vie à ces deux personnes et elles hanteront à jamais mon âme.Faïna m'a séduite également : qui est-elle ? un personnage réel ? un rêve de Mabel et Jack ? Une fée des neiges ? cela vous ne l'apprendrez qu'au fur et à mesure de votre lecture mais sincèrement ce personnage a un profond caractère qui a parfois su me mettre mal à l'aise. C'est ce genre de personnage indispensable au roman mais qui pourtant peu déranger et mettre le doute dans l'esprit. Faïna sera un personnage, également, restera encré en moi pendant une longue période.Ce livre est empli de thème : le deuil, la mort, la perte d'un enfant, le renouveau, l'espoir, l'amour, l'amitié, l'instinct maternel...Un panel de thèmes sous le signe de l'émotion. Ce livre devrait vous émouvoir si vous être quelqu'un de sensible.Je terminerai en disant que l'auteur connait son sujet, elle cerne le pays, elle le connait et ca se sent à la lecture du roman. L'histoire est parfaitement mise en place et à aucun moment je ne me suis ennuyée et j'ai vraiment eu un coup de coeur pour cette histoire, ce roman, cette plume si douce, si fragile, si magique.Je vous recommande donc ce roman si vous aimez les contes, la magie, les thèmes forts et la douceur des mots. Passez votre chemin si le manque d'action vous ennuie. -
Ma sélection de livres pour lire cet été
Littérature française
Falaises, d'Olivier Adam, éd. de l'Olivier
Les Pays immobiles, de Bayon, éd. Grasset
Le Pays, de Marie Darrieussecq, éd. P.O.L.
Immersion, d'Alain Fleischer, éd. GallimardChronique de L’art et la manière de Georges Perec
Waltenberg, de Hédi Kaddour, éd. Gallimard
La Petite Trotteuse, de Michèle Lesbre, éd. Sabine Wespieser
Un vigile, de Patrice Pluyette, éd. Maurice Nadeau
Le Corps des anges, de Mathieu Riboulet, éd. Gallimard
La Méthode Mila, de Lydie Salvayre, éd. du Seuil
Fuir, de Jean-Philippe Toussaint, éd. de MinuitLittérature étrangère
Un coeur de mère, de Roberto Alajmo, éd. Rivages
Neuf Nuits, de Bernardo Carvalho, éd. MétailiéUn automne à River Falls, Alexis Aubenque
Retour au fumier, de Raymond Federman, éd. Al Dante
Bonsoir les choses d'ici-bas, d'António Lobo Antunes, éd. Christian Bourgois
Les Dépossédés, de Robert McLiam Wilson et Donovan Wylie, éd. Christian Bourgois
Un monde vacillant, de Cynthia Ozick, éd. de l'Olivier
Le Passé, d'Alan Pauls, éd. Christian Bourgois
L'Homme qui mangeait la mort, de Borislav Pekic, éd. Agone
L'Art de la joie, de Goliarda Sapienza, éd. Viviane Hamy
L'OEil nu, de Yoko Tawada, éd. Verdier -
Qu'est ce que l'astrologie ?
Lorsque l'on commence à étudier en profondeur et avec sincérité l'influence des astres sur l'être humain, on se rend vite compte que ce n'est pas tâche facile pour deux raisons : d'abord à cause du nombre inouï des renseignements que l'on obtient et ensuite à cause du même nombre d'incertitudes qui en découle. L'astrologue doit rester humble devant une carte du ciel, car elle représente une vie dans toute sa complexité. Mais, sur cette carte, est indiqué tout ce qui concerne l'individu en question, sauf ses choix.
Un thème astral est un guide. Il permet de connaître ses capacités, les secteurs de vie favorisés, ceux qui, pour diverses raisons, seront conflictuels, etc..., mais il ne permet jamais de connaître les décisions prises. Toutefois, à l'aide des éléments qu'il fournit, il peut aider à trouver une voie valorisante, à prendre parfois une décision délicate, etc...Mais le thème astral est seulement un guide, comme celui que vous utilisez pour aller d'une ville à une autre. Vous connaîtrez les routes mais personne ne choisira pour vous votre itinéraire.
A propos d'itinéraire, je voudrais ouvrir une parenthèse sur ce qu'il se passe sur notre planète : guerres, meurtres, vols, pillages, débauche, et j'en passe. Ne cherchez pas dans les étoiles la trace de telles aberrations. Même la faux de Saturne, ou l'armée de Mars, (bien que ce ne soit que des planètes) n'agissent jamais contre la vie. Ils défendent seulement la Justice. Les étoiles comme les planètes pleurent sur ce qu'elles voient.
Quant à l'intérêt que l'astrologie suscite, il est le fruit d'un souvenir inconscient, d'un ressenti qui nous suit depuis le fond des âges. Au début, il n'y avait que l'astronomie. Puis on s'est aperçu que certains événements surgissaient en relation avec certaines configurations célestes. -
Une heure, une vie, de Jeanne Benameur
ce livre traite d'un sujet très présent dans la littérature pour la jeunesse, à savoir, la séparation ou le divorce des parents.
Ici, pas de drame, pas de larmes, ni de colères, pas de vainqueurs ni de vaincus, d'abandonnés ou de trahis... Les parents se séparent dans le calme, le respect, la bonne humeur, à l'amiable, sans cris, ni haine, presque comme si de rien n'était... D'ailleurs, ils le répètent à leur fille, "rien ne changera pour toi"...
Et c'est le monde de l'adolescente qui vacille, elle semble seule à affronter ce tsunami qui dévaste sa vie sans que personne ne s'en rende compte. Alors, elle doute d'elle même, elle se perd... A qui dire cette peine immense que ce bouleversement suscite en elle, s'il n'y a vraiment pas lieu de paniquer, de pleurer, d'être triste...
L'enfant ne comprend plus rien. En plus, elle n'a rien vu venir, elle n'a jamais remarqué que ses parents ne s'entendaient plus. Elle se pose des questions sur l'amour, le couple, la vérité des sentiments, leur pérennité...
Elle est folle de rage mais se tait et ne pleure pas.
Jusqu'au jour où pendant le trajet en train qui l'amène chez son père, elle se met à raconter un drame qu'elle invente et qui lui font lâcher ses larmes devant ses voisins de compartiment médusés...
En descendant du train, elle se sent mieux. Alors, elle recommencera à chaque trajet et le lecteur rira des mélodrames qui sortent de sa bouche pleine de sanglots. Mais bientôt un jeune homme compréhensif l'abordera...
J'ai bien aimé ce roman court et facile à lire qui met en scène les douleurs d'une adolescente face à la séparation de ses parents. Le mensonge prend pied dans sa vie de manière très originale et semble lui sauver la mise pour passer un cap difficile.
Ce récit met bien en évidence que les souffrances doivent trouver un chemin pour se dire, et que ça leur est parfois fort difficile.
Les parents semblent tellement vouloir "bien divorcer" qu'ils n'ont pas prévu que ça pouvait être un évènement douloureux pour leur fille, et de ce fait, elle est perdue, seule face à sa peine, sans personne qui soit capable de la reconnaître et de l'entendre.
Les mots de l'auteur sont justes et nous glissons sans peine dans la tête de cette jeune fille égarée.Une heure, une vie, de Jeanne Benameur, de Thierry Magnier Eds 2004
-
Encres de Chine de Qiu Xiaolong
Comme dans son précédent roman, Mort d'une héroïne rouge, Qiu Xiaolong, émigré aux Etats-Unis après les événements de Tian'anmen, prend prétexte d'une intrigue policière au suspens placide pour évoquer avec subtilité les multiples visages de la vie à Shanghai : traces encore brûlantes du passé politique, folle vitalité de la mégapole du XXIe siècle et débrouille perpétuelle pour surnager entre ces contradictions.
Tout le charme tient dans la légèreté des touches réalistes pour peindre un quotidien dont la grisaille ne parvient pas à asphyxier un certain bonheur de vivre, où une dose de fatalisme s'éclaire aux vers des poètes classiques (cités sans aucune pédanterie), où l'omniprésence de la nourriture et des saveurs traduit un appétit de vivre joyeusement chinois, où l'absurde ébranle le mur de plomb d'un système totalitaire. Tous ces petits riens allusifs, mieux que de grands discours, tracent un portrait des plus sensibles de la Chine urbaine d'aujourd'hui. -
Nos animaux préférés, d’Antoine Volodine
Le dernier livre de Volodine est une excellente entrée dans l’univers post-exotique. Et une tache de couleur dans un tableau généralement sombre.
On y croise un éléphant nommé Wong, parcourant la jungle à la rencontre des derniers spécimens de l’espèce humaine, une sorte de crabe, Balbutiar, prisonnier de son rocher, une dynastie de sirènes, Court-Brouillonne I, Cabillebaude II, Sole-Sole III, aux prises avec les soubresauts de l’histoire. Sous-titré Entrevoûtes, Nos animaux préférés est un recueil de contes organisés de manière pyramidale. C’est un objet parfait, un régal de drôlerie carnavalesque, un moment de grâce poétique. L’agonie du genre humain dans un écrin aux mille éclats métaphoriques. -
Et mon coeur transparent Véronique Ovaldé
D’abord le style… Dès le premier chapitre, un effet de style m’a irrité au plus haut point : il n’y a aucun signe de dialogue ! Pas de guillemet, ni de tiret, rien du tout ! Les dialogues parlés se repèrent car ils sont à la ligne. En revanche, les pensées qui se veulent un dialogue intérieur se trouvent dans le fil du texte et non non non, ce n’est pas possible, cela ne me convient pas ! De plus, j’ai trouvé le style un peu prétentieux, à vouloir nous expliquer les choses dans des parenthèses, avec des expressions, jeux de mots que je trouve… (comme exemple : le titre de ce billet) voilà quoi !
Côté humeur, hum… comment dire ? Lancelot, ce veuf découvrant qui était vraiment sa femme, n’a pas du tout attiré ma sympathie. Difficile d’expliquer pourquoi… Peut-être son prénom déjà ? Non, sérieusement, je crois que c’est son attitude face à la vie… Ses années passées avec sa première femme Elisabeth à subir leur relation, puis tout d’un coup, il plaque tout pour se jeter dans les bras d’Irina qu’il va épouser sans vraiment la connaître. Tout cela ne collait pas pour moi. Et puis surement, quelque chose qui ne m’a pas plu, c’est sa façon de présenter les choses qui lui sont arrivées et qui lui arrivent. Pour moi, rien ne m’a fait m’intéresser une seconde à sa vie.
Peut-être suis-je injuste avec ce roman… Mais l’accumulation de tous ces éléments que je vous ai présentés - qui pris à part peuvent sembler anodins - n’ont fait que m’éloigner encore plus de ce roman, de ses personnages et de son histoire !
-
Avis sur le livre : Compter jusqu’à cent Mélanie Gélinas
En 100 chapitres, courts (certains sont même seulement composés de quelques lignes), Mélanie Gélinas nous raconte l’histoire d’Anaïs qui à 19 ans a vécu un drame terrible. Dix ans plus tard, alors que les tours du World Trade Center s’effondrent, ce crime qu’elle a subi resurgit et commence alors un travail de reconstruction pour celle qui se cache derrière le pseudonyme d’Anaïs…
Ces 100 chapitres sont chargés d’émotion et avec une langue très belle, pleine d’images et de poésie, Mélanie Gélinas veut nous faire partager ce travail de reconstruction de la narratrice, nous entraîne dans son enfance, nous raconte par petites touches ce drame terrible qu’elle a vécu et sa re-découverte du désir.
Malgré toute cette émotion et une écriture intéressante (que je trouve assez bien maîtrisée), je dois avouer être restée un peu au bord de la route lors d’une bonne partie de ce roman. Puis un déclic et c’est d’un souffle que je suis allée jusqu’à la dernière page. Une raison ? Surement parce que les souvenirs et le présent apparaissent comme un foisonnement, avec un lien d’un chapitre à l’autre qui a pu parfois m’échapper. On sent le besoin de dire toutes ces choses lourdes et puis finalement à la fin tout s’emboîte et on comprend ce que la narratrice a voulu nous raconter, à nous, le Lecteur.
Voici donc un roman que je vous encourage à découvrir ! Pour ma part, je vais suivre avec attention la suite du parcours littéraire de cette jeune et jolie auteur.